Samedi 10 octobre 2026
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Économie

Dans les Pyrénées-Orientales, ces salariés n’imaginent plus faire leurs courses sans tickets-restaurant

Pâtes, riz, viande, huile : depuis 2022, des milliers de salariés du département règlent une partie de leurs courses en titres-restaurant. Mais à moins de trois mois de l’échéance, rien ne garantit encore que ce sera toujours possible au 1er janvier.

Comme de nombreux salariés du département ont pris l’habitude de passer leurs tickets-restaurant à la caisse du supermarché, et pas seulement pour un sandwich. Cette possibilité est née avec la loi d’août 2022 sur le pouvoir d’achat, qui a autorisé à titre temporaire l’achat de tout produit alimentaire avec ces titres. À l’origine, ils ne servaient qu’à payer des repas ou des aliments prêts à consommer.

Une dérogation qui prend fin le 31 décembre

Ce « temporaire » a depuis été prolongé à plusieurs reprises. Le texte en vigueur, voté en janvier 2025, autorise les courses alimentaires jusqu’au 31 décembre 2026. Le montant utilisable reste limité à 25 euros par jour travaillé.

À l’été 2025, le gouvernement avait pourtant voulu rassurer. Le ministère chargé du Commerce avait présenté une réforme prévoyant de rendre cet usage définitif à partir du 1er janvier 2027, d’autoriser les paiements le dimanche et de dématérialiser complètement les titres.

Une loi toujours en attente

Sauf que l’annonce ne suffit pas. Une proposition de loi, la n° 2892, prévoit de repousser la fin de la dérogation au 31 décembre 2027, mais elle doit encore être adoptée par les deux assemblées avant la fin de l’année. Faute de texte publié au Journal officiel d’ici là, les règles d’origine s’appliqueraient de nouveau, et des produits comme les pâtes, le riz, l’huile, les œufs ou la viande crue pourraient être refusés en caisse.

Un enjeu de pouvoir d’achat dans le département

Dans les Pyrénées-Orientales, la question est loin d’être anecdotique. Selon la CAF, près de 47 000 foyers allocataires du département vivaient en 2022 sous le seuil de bas revenus. Pour les salariés aux revenus modestes, les tickets-restaurant représentent une aide concrète pour remplir le frigo. À l’échelle nationale, ils bénéficient à plus de 5,4 millions de salariés.

Attention au piège de janvier

Autre point à surveiller : les titres de 2026 restent utilisables jusqu’au 28 février 2027, mais la dérogation pour les courses ne court, elle, que jusqu’au 31 décembre 2026. Sans prolongation votée à temps, des tickets encore valables en janvier ne pourraient donc plus servir à payer les produits à cuisiner.

Sources : Assemblée nationale, info.gouv.fr, CAF des Pyrénées-Orientales.


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